La vision philosophique de mon art

Introduction
Je ne suis pas souvent encouragé à mettre des mots et des explications à ce qui est spontané et non prémédité.

Comme l’effet subliminal voulu du placement d’un cadre d’or autour d’une peinture, rendue au mieux à un niveau médiocre, dans l’espoir qu’il légitimera, par convention, sa signification en tant que forme d’art, voici Bathing. Un assemblage de bois en noir dans un style Nevelsonesque, qui représentait ma première incursion dans l’art de l’assemblage, peut obscurcir la réalité d’un effet visuel non-fonctionnel permettant à des ombres distrayantes de rassembler des éléments qui ont besoin d’une certaine forme de façade. Avec cette croyance à l’esprit, je n’ai pas doré mes constructions ou continué à me servir du noir comme un pigment préférentiel pour mes abstraits, surtout après que des individus à tendance dépressive aient partagé avec moi l’expérience négative que ce travail peint a eu sur leur psyché.

Ce qui peut paraître fantaisiste, déformé ou intentionnellement anatomiquement incorrect, est une réflexion ou une fonction de ma croyance dans la puissance de Wabi-Sabi dont l’essence est pour moi la capacité de capturer et de captiver le spectateur avec une motion et un mouvement créé par le déséquilibre et l’asymétrie.

Pour certains, l’uniformité et l’ordre sont des exigences pour l’acceptation. Cependant, pour d’autres, elle ouvre la porte à un plus grand intérêt pour ce qui est observé, ces individus préférant que les yeux de l’esprit déplacent le point d’appui pour permettre un point d’équilibre loin du centre exigeant la considération de toutes les pièces du jeu par juxtaposition de formes et tailles dissemblables pour atteindre l’harmonie de l’effet.

L’incomplétude de la capacité de représentation d’une seule pièce de bois peut être enrichie par le contour d’une partie d’une autre pièce adjacente dans l’approche de signification iconique plutôt qu’abstraite. Bien qu’un morceau de bois puisse avoir une force singulière, de nombreuses pièces partageant la création de l’Unité dans une composition semblent plus satisfaisantes dans l’esprit des gens.

Cette séquence d’établissement de la caractéristique la plus proéminente reconnue par la société d’un dignitaire ou d’une célébrité avant de plonger dans une caractérisation de bande dessinée où d’autres composantes anatomiques de la face sont d’une nature non-identifiante, nécessaire seulement pour établir que la composition est celle d’un visage ; ce n’est pas le processus par lequel ma représentation crée un personnage, «la ressemblance à quelqu’un» n’était pas préméditée, mais plutôt un fruit du hasard et seulement apparente quand le dernier morceau de ce qui a été recueilli est collé un à un, sans préarrangement.

Semblable en fait au poème bien écrit de quelques mots qui permet de multiples interprétations sans ambiguïté formelle, Sculpture par assemblage peut utiliser ces éléments essentiels de forme qui capturent au niveau le plus simpliste un lien émotionnel avec le spectateur, déverrouillant et permettant la récupération d’une réponse émotionnelle que la mémoire sentimentale conserve telle une corde unique d’une partition musicale liée dans le temps à une expérience personnelle.

Comme je me suis déplacé d’une manière engagée de la peinture terrestre et maritime à cette forme de sculpture en utilisant en grande partie des morceaux et des fragments de meubles et de moulages réutilisés tenus et travaillés à la main par des ébénistes, beaucoup plus talentueux que moi dans sa création initiale, je ne peux m’empêcher de confronter ce qui fournit l’énergie et la motivation à ce type de travail ou au travail de tout créateur qui a le potentiel de vivre existant à perpétuité. Avant le monde numérique et le cyberespace, ceci était possible seulement en imprimé ou en forme solide, en étant le produit d’un écrivain, d’un artiste ou d’un musicien. Les cultures futures accepteront-elles l’intangible ? L’objectif de l’existence est-il plus que la propagation de l’espèce ou la capacité du temps sur cette terre à mener à une sophistication technologique plus poussée de la société ? Ou est-ce que cet objectif est encore plus grand ? La pertinence de la vie n’est-elle pas d’illustrer l’essence de vivre à l’unisson avec un code moral qui embrasse les maximes et les crédos de toute philosophie humaniste culturelle, ethnique et religieuse ? La contrainte créatrice contrebalance-t-elle la futilité implicite d’une vie limitée – nous n’avons qu’à penser à l’expression qui dit que nous ne sommes que poudre et cendre – lorsqu’on confronte la réalité de la mortalité et le but et la motivation de créer et de préserver le travail d’un individu… Le plaisir momentané d’un artiste de la craie qui se sert des surfaces de trottoir ne peut que nous pousser – comme les passants – à s’arrêter et considérer les formes d’art intangibles et évanescentes qui ne durent que quelques moments et ne sont pas destinées à faire partie d’une collection, un catalogue, ou bien d’être exposées de manière permanente.