Biographie

Chronologie de l’expérience de l’artiste dans le domaine de l’art

1970 à 1973 Mineure en arts complétée à l’Université du New Hampshire sous la tutelle de John Laurent et John Hatch.

1974 Utilisation d’aquarelles comme méthode de représentation pour une exposition dans un restaurant du district du Vieux-Port de Portland, Maine.

1974 à 1978 Étudiant en médecine à l’Université de Cincinnati. L’aquarelle demeure un moyen d’expression, bien qu’utilisé de manière limitée pendant les vacances, et de plus en plus utilisé dans le cadre académique.

1978 à 1981 Résident à l’organisation Maine-Dartmouth Family Practice, Augusta, Maine. Poste sur appel, horaire très raisonnable qui a permis de développer et raffiner la technique de l’aquarelle.

1981 à 2015 Médecin de famille à Boothbay Harbor, Maine. Suite à la réception d’une palette humide de son frère Peter, qui avait fini de s’en servir, il y eut une transition vers la méthode de peinture à l’huile sur support à gesso. Elle permit la découverte d’une toute nouvelle liberté et un nouveau confort dans le milieu en plein air, jamais ressentis auparavant à travers l’utilisation de l’aquarelle. Peter, qui avait également complété une mineure en arts au collège Bowdoin et étudié sous la tutelle de Joseph Nicoleti, est demeuré le critique de l’artiste le plus virulent, allant même jusqu’à retourner les toiles qu’il n’aimait pas contre le mur.

2014 à présent Bien qu’habitant dans la région côtière du Maine, où la rénovation de chalets et la construction de bateaux avaient lieu tout le long de l’année, et où tout ce qui n’était pas réutilisé ou jeté après avoir été retravaillé à la lame était redistribué pour se faire transférer ou recycler dans la région, l’artiste n’a pas rapidement reconnu la disponibilité d’une ressource qui a plus tard alimenté sa passion pour la sculpture d’assemblage tridimensionnelle. Des tiroirs de bureaux et d’armoires étaient également disponibles pour une raison ou pour une autre, se trouvant dans une pile de bois à la station de transfert. Lorsqu’il était possible de les récupérer avant qu’ils ne soient brisés par des équipements lourds et envoyés à la broyeuse, il les découpait sur une scie de table à une profondeur de 2 pouces et les utilisait comme modèles pour ce qui était assemblé à l’intérieur. La profondeur de la sculpture permettait de l’accrocher facilement au mur où elle était agréable à l’œil, bien qu’elle représentait un défi pour les personnes avec une faible tolérance à la poussière !

 

Emplacement du studio

Studio André Benoit

Boothbay Harbor Center

227 Samoset Road

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Lieux où l’artiste a exposé

  • Cape Elizabeth, Maine
  • Cliff Island, Maine
  • Cincinnati, Ohio
  • West Gardiner, Maine
  • Boothbay Harbor, Maine
  • Hurricane Island Penobscot Bay, Maine
  • Monhegan Island, Maine
  • Camp Keewayden, Ontario, Canada
  • Eaton Island, Little Deer Isle, Maine
  • Northeast Harbor, Mount Desert Island, Maine
  • Ellsworth, Maine
  • Villars-sur-Ollon, Suisse
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

Artistes qui l’ont influencé

  • Edward Hopper
  • Rockwell Kent
  • James Fitzgerald
  • Group of Seven, Canadien
  • Marsden Hartley
  • Benard Langlais

J’ai toujours été attiré par les objets de belle apparence et d’intéressantes formes. J’en collectionnais déjà enfant, quand mon trésor était en grande partie constitué de bouées à homard en bois échouées, avant que n’apparaissent les bouées en polystyrène (plus clémentes envers les hélices). Ces bouées, endurcies par l’eau salée de mer, provenaient du travail hors-saison des pêcheurs, sculpteurs doués de demi-maquettes et autres canardières. Bien que moins colorées et plus communes, des douilles en laiton trouvées à un poste de défense datant de la Première Guerre mondiale et progressivement abandonné durant mon enfance faisaient aussi partie de ma collection. J’accédais à la carrière de sable où trainaient ces douilles par un trou dans la clôture en fil de fer barbelé, juste à l’est de la propriété de ma grand-mère, contiguë à la base militaire. Cela me permettait d’échapper aux interrogatoires auxquels j’aurais très certainement été soumis, eussé-je essayé d’entrer dans les règles.

Mon lycée avait pour réputation de mettre un accent particulier sur les classiques et ne faisait en conséquence aucun effort pour étendre son programme scolaire à des leçons d’art et atténuer ainsi l’emphase mise sur le latin — une langue en voie de disparition. Ce n’est qu’à l’université que je connus l’éveil, prenant conscience d’une orientation visuelle en constante évolution, une évolution qui fut manifestement exponentielle durant ma première année. Lentement mais sûrement, je finis par maîtriser la perspective et, sans suivre de cours concernant les couleurs, acquis tout de même une connaissance presque intuitive de leurs compatibilités et compositions. Je ne consacrai que peu de temps au réalisme, convaincu qu’une économie de détails provoque une réponse émotionnelle chez l’observateur en bien de points similaires à l’effet que suscite une pause au sein du vers d’un poète. « Moins, c’est plus » : embrasser cette idéologie apparaît essentiel lorsque l’on invite les amateurs d’art à alterner leur interprétation de ce qu’est souvent une ambiguïté volontaire de sens ou un objectif artistique.

Les peintures de mes débuts étaient principalement en aquarelle, à brosse sèche, et sont toujours préférées par famille et amis à mes œuvres plus récentes, à l’huile et à l’acrylique. Durant ma carrière de médecin, j’eus le privilège de vivre dans une communauté essentiellement marine qui offrait du travail à de nombreux charpentiers de marine et servait accessoirement de destination de vacances à plusieurs familles de 3e et 4e génération. Ces familles vivaient dans des chalets de fin de siècle sujets aux intempéries, notamment à des vents forts ainsi qu’à l’humidité d’une part, et l’assèchement de l’autre. Il fallait donc remplacer les cadres des porches et autres détails ornementaux directement issus de l’architecture victorienne.

À un moment de ma vie, la décharge devint un centre de transfert. Ce qui aurait déjà brûlé il y a quelques années selon l’heure de la journée — et selon le niveau d’activité du tracteur et du monstrueux équipement de broyage de bois — peut aujourd’hui être récupéré. Au cours des 15 dernières années, mon intérêt pour l’assemblage a progressivement grandi ; je fus par exemple saisi par l’œuvre initiale de Louise Nevelson, dans laquelle l’entropie envahit graduellement des collections ultérieures de pièces en bois plus éclectiques et organisées. Je fus également impressionné par les conceptions créatives et la représentation que faisait Bernard Langlais des animaux. Il se servait de débris d’épaves ainsi que de bois, qu’il altérait d’innombrables manières. La disponibilité de tels trésors de matières premières couplée aux incertitudes concernant leur futur m’avaient à l’époque conduit à accumuler des barils Rubbermaid bleus sur ma pelouse. Vers la fin de l’automne, durant la dernière année au secondaire de mon fils benjamin, ma collection connut une réduction soudaine lors de retrouvailles d’un weekend. Mon fils n° 3 avait, voyez-vous, unilatéralement décidé que je ne pleurerais pas la disparition de quelques barils remplis de ce que lui considérait comme du bois de feu de premier choix pour le feu de camp de son école. Il n’hésita d’ailleurs pas à adopter une attitude défensive et n’accepta aucune responsabilité lorsque je le réprimandai pour avoir pris quelques-unes de mes plus uniques pièces, triées à la main. Je les gardais en prévision du jour maigre où j’aurais assez de temps pour assembler les pièces. Je planifiais cela depuis plus d’une décennie, d’ailleurs, mais le plan fut finalement exécuté il y a seulement 3 ans.

Bien que connaissant Rorschach, je n’ai jamais étudié ses modèles ni émis le vœu qu’une interprétation personnelle soit analysée. J’aime mieux interpréter la préférence pour les êtres vivants et visibles dans le bois flotté ou dans les nuages passant au-dessus de nos têtes.

L’un des modèles pour mes assemblages ou constructions de bois, comme certaines personnes les appellent, a été choisi lorsque j’assistai à la mise au rebut de nombreux meubles (et structures) de bureau qui avaient été envahis puis habités par des souris et des écureuils durant l’hiver au sein des chalets vides. Les hôtes indésirables contaminaient les meubles en y laissant des tâches et excréments odorants, laissant croire que les propriétaires ne jugeaient pas utile de s’en prémunir, malgré les solutions existantes. Des boules de naphtaline auraient pu être utilisées, de même qu’un produit plus récent, personnel favori, les feuilles pour sécheuse. Ces 2 stratégies ternissent cependant en comparaison avec la méthode plus radicale qui consiste à renverser les tiroirs en prenant soin de les replacer dans le cadre qui les maintient pour ensuite laisser le tout reposer jusqu’à l’été suivant.

Mes tiroirs préférés sont en queue d’aronde et présentent une patine séculaire. La plupart d’entre eux doivent être coupés à une profondeur de près de trois pouces, afin de prévenir une intrusion à leur intérieur lorsqu’ils sont accrochés au mur, ou un ombrage excessif des composantes.

Ce que je choisis de représenter va du maritime impressionniste à l’iconique, les couleurs pouvant être mono ou multichromatiques. En ce qui concerne les œuvres abstraites, j’ai tendance à créer un point focal afin de maintenir un certain mouvement des yeux tout le long de la composition, au-delà d’un simple coup d’œil.

S’il est sans doute facile de commenter mes intentions concernant une œuvre, je préfère raconter les circonstances qui entourent l’acquisition des pièces qui la composent. Ces pièces ont été obtenues dans des circonstances intéressantes et sont le résultat d’occurrences et d’interactions humaines. Souvent, elles ont aussi été par le passé d’une utilité ou d’un intérêt au public que celui-ci n’est simplement plus en mesure de reconnaître.


Photos de Guy Ducas